En remportant sa première Can féminine face au Malawi, le Cameroun confirme la progression du football africain féminin. Une édition qui a aussi révélé de nouvelles nations et élargi la compétition à 16 équipes.
Le sacre du Cameroun n’est pas seulement une victoire de plus dans le palmarès africain. Il marque le premier titre continental de l’histoire des Lionnes Indomptables, après trois finales perdues en 2004, 2014 et 2016. En dominant le Malawi 3-0 à Rabat, le Cameroun a surtout montré qu’une génération nouvelle pouvait prendre le relais dans une compétition longtemps dominée par le Nigeria. L’Afrique du Sud avait déjà remporté le titre en 2022 et le Maroc avait atteint la finale lors des deux dernières éditions : la hiérarchie continentale est clairement en train de bouger, selon Africaradio.com.
Le Malawi, symbole d’une compétition qui s’ouvre
L’autre grande leçon de cette Can est évidemment le parcours du Malawi. Pour sa première participation, la sélection a atteint la finale, après avoir notamment éliminé le Ghana puis l’Algérie. Les Scorchers des sœurs Tabitha et Temwa Chawinga ont ainsi démontré qu’une équipe sans expérience du tournoi pouvait immédiatement rivaliser avec les nations les mieux installées.
Cette performance est loin d’être anecdotique. Elle montre que le développement du football féminin ne se limite plus à quelques puissances traditionnelles. Le dernier carré réunissait d’ailleurs quatre sélections qui n’avaient encore jamais remporté la Can féminine : Cameroun, Malawi, Maroc et Algérie.
Une Can à 16 équipes qui change la donne
L’élargissement de la compétition est l’un des changements structurels majeurs de cette édition. La Caf avait décidé en 2025 de faire passer la Can féminine de 12 à 16 équipes à partir de 2026. L’objectif est notamment d’offrir davantage de possibilités de développement aux sélections et aux joueuses du continent. Cette formule a aussi donné davantage de visibilité à des équipes qui, jusqu’ici, avaient peu d’occasions de se confronter au plus haut niveau continental. Le résultat est spectaculaire : un nouveau champion, une finaliste totalement inattendue et plusieurs premières historiques.
Le Mondial 2027, prochaine étape
La Can marocaine avait également un autre enjeu majeur : la qualification pour la Coupe du monde féminine 2027 au Brésil. Les quatre demi-finalistes -Cameroun, Malawi, Maroc et Algérie- ont décroché leur qualification directe pour le Mondial. Pour ces sélections, la Can n’est donc pas une fin en soi. Elle constitue désormais une étape vers un rendez-vous mondial où l’Afrique devra confirmer les progrès observés au Maroc.
Le vrai défi commence maintenant
Le sacre camerounais et l’épopée malawite posent une question plus importante : comment transformer cette dynamique en développement durable ? Le football féminin africain aura besoin de compétitions régulières, de championnats nationaux solides, de formation, d’infrastructures adaptées et d’un accompagnement professionnel des joueuses.
La Can 2026 a montré que le talent existe largement sur le continent. Elle a aussi montré que les écarts peuvent se réduire lorsque les sélections disposent d’un cadre compétitif. Le prochain défi sera donc de faire en sorte que le Cameroun et le Malawi ne soient pas seulement les surprises d’une édition exceptionnelle, mais les premiers représentants d’une nouvelle génération de puissances du football féminin africain.

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