Alors que Gianni Infantino fait face à une fronde grandissante au sein du football mondial, Arsène Wenger pourrait devenir une option sérieuse pour lui contester la présidence de la Fifa.

La Fifa traverse l’une des plus importantes crises politiques de l’ère Gianni Infantino. Réélu sans opposition en 2023, le président de l’instance mondiale semblait encore disposer d’une marge de manœuvre considérable à quelques mois de l’élection prévue le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc. Mais son projet de commercialisation d’une partie des actifs de la Coupe du monde et sa proximité avec Donald Trump ont sérieusement fragilisé sa position.

Si Gianni Infantino conserve des soutiens importants, notamment en Afrique où les 54 fédérations du continent lui ont apporté leur appui, plusieurs dirigeants cherchent à fédérer une opposition crédible.

A ce stade, la difficulté reste de trouver une personnalité suffisamment respectée et rassembleuse pour représenter une véritable alternative au dirigeant italo-suisse.

Wenger poussé en interne par l’Uefa

Et c’est ainsi que le nom de Arsène Wenger commence à circuler avec insistance. Selon The Times, les opposants à Infantino cherchent à convaincre l’ancien entraîneur d’Arsenal de se lancer dans la course à la présidence de la Fifa. A l’approche de la date limite de dépôt des candidatures, fixée au 18 novembre, certains espèrent que le Français acceptera de devenir le visage de cette contestation. A 76 ans, l’Alsacien reste l’une des figures les plus respectées du football mondial, fort de son immense carrière sur les bancs de touche et de son expérience au sein des instances internationales. Les discussions rapportées par le quotidien britannique ne signifient toutefois pas que «Wenger a accepté de se présenter», ni même qu’il a officiellement fait part «de son intention de le faire». Il s’agit pour l’heure d’une piste explorée «par les adversaires de Infantino», qui peinent à trouver un candidat capable de rassembler suffisamment de soutiens «pour menacer le président sortant».

Le choix de Wenger ne serait évidemment pas anodin au regard de sa proximité historique avec Infantino. En novembre 2019, quelques mois après avoir quitté Arsenal au terme de 22 années passées sur le banc londonien, le technicien français avait été nommé directeur du développement du football mondial à la Fifa. Une décision portée par le président de l’instance, qui souhaitait s’appuyer sur son expertise pour renforcer la dimension sportive de l’organisation. Depuis, les deux hommes ont évolué au sein de la même institution, Wenger occupant une fonction stratégique qui lui permet de peser sur les orientations techniques et les politiques de formation. Cette relation professionnelle s’est également accompagnée d’une convergence de vues sur plusieurs projets défendus par Infantino. Autant d’éléments qui rendent l’hypothèse d’une candidature du Français particulièrement surprenante, même si les dernières turbulences ont montré que cette proximité n’impliquait pas un soutien inconditionnel.

Un ancien soutien de Infantino

Car si Wenger a longtemps semblé s’inscrire dans la dynamique impulsée par Infantino, ses dernières prises de position ont révélé des limites à cette entente. Début août, après l’abandon du projet Fifa Forward Enterprise, l’ancien entraîneur d’Arsenal a publiquement pris ses distances avec cette initiative controversée. Il a assuré ne pas avoir participé à son élaboration et avoir découvert son existence par l’intermédiaire des médias. Surtout, il a estimé que son retrait était «absolument nécessaire», en rappelant son attachement à une Fifa indépendante, au service du football avec transparence et intégrité.

Une déclaration forte venant d’un homme recruté par Infantino lui-même et qui a, pendant plusieurs années, accompagné certaines de ses ambitions en matière de développement.

Wenger demeure notamment impliqué dans les programmes de formation des jeunes, le déploiement d’académies dans une soixantaine de pays, l’analyse technique des compétitions internationales et les réflexions sur les lois du jeu au sein de l’Ifab. Reste à savoir si Wenger souhaite réellement passer du rôle de dirigeant technique à celui de candidat à la présidence, avec tout ce que cela implique sur le plan politique. Pour l’heure, son nom constitue surtout une possibilité susceptible de rebattre les cartes d’une élection dans laquelle Infantino conserve une longueur d’avance.

Avec Footmercato