Plusieurs dossiers ont été examinés hier par le Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa), dont le projet de directive portant réglementation communautaire des marchés publics dans l’Union, qui a été adopté.

Par Dialigué FAYE – Dans le cadre de la préservation de l’intégrité de l’Union et du renforcement de la stabilité et de la sécurité dans l’espace communautaire, le Conseil des ministres de l’Union monétaire ouest-africaine (Umoa), qui s’est réuni hier en sa troisième session au titre de l’année 2026, a adopté le projet de directive portant réglementation communautaire des marchés publics dans l’Union. Ce texte constitue, d’après le président du Conseil des ministres, Aboubakar Macanabo, «une réforme majeure du cadre juridique des marchés publics au sein de l’espace Uemoa. Il devrait notamment contribuer à renforcer la capacité d’absorption des crédits d’investissement des Etats membres et à accélérer les procédures de passation des marchés publics dans l’Union».

Le Conseil a, par ailleurs, approuvé la décision portant adoption de la Stratégie régionale de protection sociale 2020-2025. Les Etats membres de l’Uemoa viennent ainsi d’être dotés «d’un cadre de référence destiné à accompagner la mise en place de mécanismes institutionnels et organisationnels adaptés à l’extension de la protection sociale, avec un accent particulier sur l’amélioration de l’égalité et de l’accès aux prestations sociales essentielles».

Parmi ces décisions majeures, figure aussi l’adoption des règlements modifiant le règlement n°02/2016/Cm/Uemoa du 20 décembre 2016 portant statut du Greffier de la Cour de justice de l’Union, visant à contribuer au bon fonctionnement de cet organe communautaire.

Les comptes de l’Amf-Umoa au titre de l’exercice 2025 ont été également adoptés, suite à leur examen par les ministres des Finances des pays membres de l’Union. L’adoption de ces comptes ont «permis au Conseil d’exercer une prérogative qui lui est expressément dévolue par les textes. Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la participation des institutions et des organes communautaires de l’Union au système panafricain des matières premières», précise le ministre burkinabè de l’Economie et des finances.

Auparavant, le Conseil a passé en revue l’économie mondiale qui, selon l’organe, «demeure résiliente, malgré la persistance des chocs liés notamment au conflit au Moyen-Orient et aux effets du changement climatique».

Le Conseil appelle à la vigilance

Mais, souligne M. Macanabo, «cette résilience ne doit toutefois pas nous conduire à sous-estimer la fragilité de l’environnement dans lequel évoluent nos économies». Selon les dernières projections publiées par le Fonds monétaire international, «la croissance économique mondiale devrait s’établir à 3% en 2026, soit 0, 1 point de pourcentage de moins que la prévision d’avril 2026. Elle atteindrait 3, 4 % en 2027».

Pour le président du Conseil, ces chiffres les invitent à la vigilance, mais aussi à l’action. «Dans un monde incertain, notre capacité collective d’anticipation et de décision demeure essentielle», estime-t-il. Avant de relever qu’au «sein de notre Union, les fondamentaux restent solides. Au deuxième trimestre 2026, l’activité économique est demeurée dynamique, avec une croissance estimée à 6% en rythme annuel, après 6, 1% au trimestre précédent. Cette performance, portée par l’ensemble des secteurs, témoigne de la vitalité de nos économies et de leur capacité de résistance.

Le taux d’inflation s’est établi à 0, 4% au deuxième trimestre 2026, après -0, 2% au trimestre précédent. Cette remontée du niveau général des prix résulte principalement de la hausse des coûts du transport, consécutive au relèvement des prix des produits pétroliers dans la plupart des Etats membres, ainsi que de l’évolution des prix du logement et de certains produits alimentaires. Pour l’ensemble de l’année 2026, l’inflation est projetée à 1% en moyenne, après 0% en 2025.

Dans le même temps, la position extérieure de l’Union s’est renforcée au cours du deuxième trimestre 2026, portée notamment par l’accroissement des exportations d’or, de coton, de cacao et de produits pétroliers. Ces résultats confirment le dynamisme de nos industries extractives et manufacturières, de nos activités commerciales et de nos services, ainsi que les perspectives favorables de la campagne agricole 2026-2027».

Mais, alerte-t-il, «nous devons garder à l’esprit que rien n’est définitivement acquis. Cette perspective demeure tributaire de la conjoncture internationale, de la situation propre à chacun de nos Etats et des effets croissants du changement climatique. Notre responsabilité est donc claire : consolider les acquis, réduire nos vulnérabilités et transformer les performances conjoncturelles en progrès durables».

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