Les conciliations menées devant l’Inspection régionale du travail et de la sécurité sociale de Thiès n’ayant abouti à rien de concret, le Syndicat national des travailleurs des industries du ciment du Sénégal (Syntis), composé de travailleurs des Ciments du Sahel, compte recourir à l’arrêt de la production à partir du 7 octobre. Des revendications portées à la Direction générale pour de meilleures conditions de travail et d’épanouissement constituent la trame de leur mouvement les ayant menés au dépôt d’un préavis de grève le 7 septembre. «Nous accordons un ultime délai à la Direction générale pour s’asseoir à la table des négociations avec des propositions concrètes et vérifiables (…) Si ce délai expire sans avancée majeure, nous déclencherons un arrêt total et illimité de la production sur l’ensemble du site», a noté Moussa Sileymane Thiam, porte-parole du Syntis et du collège des délégués.

Lui et ses collègues ont animé, samedi à la Salle des fêtes de Rufisque, une conférence pour alerter l’opinion sur leur situation. «Nous ne nous battons pas contre l’usine, mais pour sa pérennité et pour la dignité de ceux qui la font tourner. Cette usine alimente le marché, mais elle doit aussi nourrir décemment les familles de ses bâtisseurs», a-t-il assuré, pointant le «mépris» affiché par la Direction générale sur les questions syndicales. «En 13 mois de mandat, nous avons tendu une main loyale à la direction. En retour, nous n’avons récolté que mépris, mutisme et fin de non-recevoir», a souligné M. Thiam, rappelant qu’il a fallu 24 ans pour voir se tenir, en août 2025, les toutes premières élections syndicales dans l’entreprise. «Pendant plus de deux décennies, le mot syndicat était interdit. Interdiction de s’unir, interdiction de revendiquer, interdiction d’exprimer notre souffrance», a-t-il rappelé, saluant l’engagement des travailleurs ayant conduit à la mise sur pied d’un collège des délégués.

Cette étape franchie, ces travailleurs s’attaquent à leurs conditions avec des revendications qu’ils considèrent comme «le socle d’une survie sociale élémentaire». Institution d’un cadre de concertation, régularisation des travailleurs journaliers, indemnité de logement, prime de risque sont, entre autres, les points qu’ils revendiquent ainsi. «L’industrie cimentière expose le corps des ouvriers à des dangers quotidiens. La protection et la compensation de cette usure physique ne sont pas négociables», a souligné M. Thiam sous l’approbation de la centaine de travailleurs venus prendre part à la rencontre.

Par Alioune Badara NDIAYE – abndiaye@lequotidien.sn