Fondateur de la Grande Convergence républicaine, Amadou Kébé veut occuper l’espace de l’opposition et entend porter une voix discordante face au pouvoir. Il dénonce les ralliements d’anciens responsables au régime et réclame une «moralisation» de la vie politique.

Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – La recomposition politique en cours ne laisse pas Amadou Kébé indifférent. Fondateur de la Grande Convergence républicaine, ce titulaire d’un Master 2 en management des projets à l’Institut africain de management veut installer son mouvement dans l’espace politique comme une voix d’opposition. Sa cible : les ralliements successifs d’anciens responsables politiques au pouvoir.

Pour Kébé, ces changements de camp posent une question de cohérence. Il s’interroge notamment sur le parcours de responsables qui, hier encore, combattaient l’accession de Bassirou Diomaye Faye à la présidence de la République et qui, aujourd’hui, se rapprochent du pouvoir. «Qu’est-ce qui s’est passé entre-temps ?», s’interroge-t-il, mettant en doute les motivations de certains ralliements.

Au-delà des alliances politiques, Amadou Kébé s’attaque à ce qu’il considère comme les travers d’une partie de la classe politique. Il dénonce les «politiciens de métier» qui, selon lui, peuvent être davantage préoccupés par leur ascension personnelle que par l’intérêt général. Dans ce contexte, il appelle à une moralisation de l’espace politique et à une opposition assumée. Le cas de Amadou Ba est également évoqué. Arrivé deuxième lors de la dernière Présidentielle, celui-ci est, selon Kébé, beaucoup moins présent sur la scène politique. «On ne peut pas laisser une opposition vide», estime le fondateur de la Grande Convergence républicaine, qui considère que l’espace politique doit aussi permettre de représenter les Sénégalais qui ne se reconnaissent pas dans les orientations du pouvoir.

Kébé refuse toutefois de réduire son mouvement à une opposition de dénonciation. La Grande Convergence républicaine entend également formuler des propositions et participer au débat sur les conditions de vie des Sénégalais. Pour lui, contester ne suffit pas : il faut également proposer. Sur le terrain électoral, Amadou Kébé se veut pour l’heure prudent. La priorité, dit-il, est de construire et de massifier son mouvement.

Il entend d’abord partir de sa base, Golf Sud, où il vote, avant d’élargir progressivement son implantation aux régions et aux différentes composantes de la population. L’ambition affichée est néanmoins nationale. A terme, la Grande Convergence républicaine veut se positionner comme une alternative politique pour les Sénégalais qui souhaitent une autre orientation. Reste désormais à transformer cette volonté affichée en implantation réelle et en capacité de mobilisation.

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