Réunis pendant trois jours à Dakar à l’occasion du 15ᵉ anniversaire de la Convention n°189 de l’Oit, douze pays d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Maghreb ont adopté la «Déclaration de Dakar». Leur objectif commun : faire reconnaître, formaliser, protéger et valoriser le travail domestique d’ici 2031.
Par Amadou MBODJI – Les douze pays francophones d’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Maghreb sont parvenus à un consensus régional en faveur de la reconnaissance, de la formalisation, de la valorisation et de la protection du travail domestique. Telle est la décision majeure arrêtée dans une déclaration commune à l’issue du Forum régional sur le travail domestique dont les travaux, ouverts lundi à Dakar, se sont achevés hier. «Nous avons enregistré des acquis majeurs lors de ce forum. Vous, les douze pays de la région représentés par des délégations tripartites -composées de représentants des gouvernements, des organisations d’employeurs, des travailleurs et de la Société civile-, avez réaffirmé votre engagement en faveur du travail décent pour les travailleuses et travailleurs domestiques. Vous avez lancé un message fort à travers l’Appel de Dakar afin que, d’ici 2031, le travail domestique soit partout reconnu, déclaré, protégé et représenté», a déclaré Mme Ndèye Coumba Diop. Elle s’exprimait au nom de la Directrice régionale de l’Organisation internationale du travail (Oit) pour l’Afrique, lors de la cérémonie de clôture de cette rencontre de trois jours marquant le 15ᵉ anniversaire de la Convention n°189 de l’Oit.
Mme Ndèye Coumba Diop, par ailleurs directrice du Bureau-pays de l’Oit pour le Bénin, le Burkina Faso, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Niger et le Togo, a souligné que des engagements concrets ont été formalisés à travers une feuille de route. Il s’agit notamment de poursuivre la ratification de la Convention n°189 et d’adopter des cadres législatifs nationaux adéquats. Elle a également insisté sur l’urgence d’étendre la protection sociale aux travailleuses et travailleurs domestiques au moyen de mécanismes simplifiés de déclaration et de cotisation. De plus, elle a rappelé la nécessité de renforcer les dispositifs de signalement, l’Inspection du travail ainsi que l’accès à la Justice pour les victimes d’abus, tout en poursuivant la professionnalisation du secteur par la certification des compétences et sa valorisation sociale.
Prenant la parole au nom du ministre de la Fonction publique, du travail et de la réforme du service public, Mme Coumba Sagna a invité les travailleurs du secteur «à s’approprier davantage leurs droits et à ne pas hésiter à s’informer ou à saisir les structures compétentes telles que les inspections ou les tribunaux du Travail, en cas de violation de leurs droits». Enfin, elle a lancé un appel à l’ensemble des parties prenantes pour l’élaboration d’une convention collective garantissant de meilleures conditions de travail et des salaires décents.
ambodji@lequotidien.sn
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