Il a tout faux, quand il pense le contraire des réclamations bien articulées du Front syndical de défense du travail. Parce que tout simplement il ne sait pas faire la différence entre le combat du secteur public et celui du secteur privé. Il ne saurait en faire la jonction et l’articulation. En ce sens que syndicalement certes, il ne sait guère faire la part des choses, entre la classe ouvrière, la classe intermédiaire et la classe dite petite bourgeoise. Et que comparativement, la lutte des classes existe bel bien dans le mouvement syndical. Il faut la vivre et la pratiquer pour en savoir la quintessence. Or, il est issu du secteur public ; une raison pour ne rien appréhender du secteur privé et des exigences de l’économie informelle paradoxalement. C’est en cela qu’il a tort sur toute la ligne.
En raison que les Normes internationales du Travail (Nit) dépendant des conventions internationales ratifiées, deviennent une obligation à la charge de l’Etat-gouvernement, membre de l’Organisation internationale du Travail (Oit). Il s’agit de savoir : qu’est-ce que le Droit d’organisation et de négociation collective (C98) et ce qu’est également le Droit d’expression directe et collective. Il en est de même quant au processus sur la Charte nationale sur le dialogue social… pour bien appréhender un vice de procédure. Dans un tel contexte beaucoup plus politicien de sa part, ledit ministre du Travail n’est point en phase avec le Droit social qu’il ignore. Il est issu des rangs d’une troisième République qui s’articule plutôt dans la dominance et dans la pratique de la violence.
En raison que le Front syndical de défense du travail s’appuie sur les droits fondamentaux de l’Homme ; sur les préoccupations de l’emploi stable ; sur la politique sociale ; sur une institution sociale administrative efficace ; sur une bonne coordination en termes de relations professionnelles ; sur un contrôle assuré des conditions de travail en entreprise et la sécurité sociale ; sur un bon relais visant l’emploi des femmes, des enfants, des jeunes, des travailleurs âgés, des migrants, des populations ; mais surtout, des travailleurs des secteurs spécifiques. Qu’en sait-il ? Rien. Il s’intéresse davantage à asseoir la stratégie d’un parti politique désarticulé, en perte de vitesse ; à garantir ses ambitions personnelles qui sont les siennes, contraires aux aspirations et aux besoins des populations fatiguées par un chômage endémique.
En raison que le contrat à durée déterminée est déjà fixé à deux (2) ans au maximum et non à quatre (4) ans comme il le prétend dans sa réforme en toute frénésie… sans jamais la vivre en réalité. Que donc la stratégie qu’il s’est choisie devrait pouvoir justifier : quoi faire, pour qui, avec qui et comment ? Or, il s’y refuse en violant la procédure de négociation collective.
De ce point de vue, l’objectif du Front syndical aura été : «De lancer un appel pressant à l’Etat sénégalais pour le respect du tripartisme consacré par la Convention 144 de l’Oit, tout en invitant nos députés à intégrer les attentes légitimes des travailleurs dans l’examen en séance plénière sur les deux projets (Code du Travail et Code de Sécurité sociale) pour la sauvegarde de la paix sociale dans notre pays.» Une illusion !
En cela, le Front syndical «dénonce avec force, l’attitude du gouvernement sénégalais «en procédant à des modifications substantielles sur les deux projets, après leur examen par le Conseil consultatif national du travail et de la sécurité sociale»… en attente d’un retour violé et voilé par une Assemblée nationale sous ordre aux fins d’une dernière correction. Un désespoir !
Attendu qu’en ce qui concerne le projet du Code de Sécurité sociale, le Front soulève que «l’autonomie de gestion des institutions de prévoyance est de mise et découle de batailles syndicales menées» depuis de nombreuses années. «C’est tout le sens du combat pour le Front et pour la sauvegarde des acquis sociaux. Les centrales syndicales se sont toujours battues contre les réformes envisagées par le gouvernement, sur injonction des partenaires techniques financiers, visant à transformer le système de répartition basé sur la solidarité active entre génération de salariés et celle des retraités contre le mode de gestion par capitalisation connu dans d’autres sphères enregistrant des déficits énormes.»
Ainsi, sous l’emprise et le constat d’un Parlement muselé et en recul, le Front syndical doit penser à poursuivre son combat, en activant avec diligence un recours juridique aux plans africain et international. Et de manière stratégique dans le terrain, asseoir une mobilisation à travers une lutte syndicale permanente dans tous les secteurs de la vie active. Sous ce regard donc, pour les centrales syndicales : il n’existe aucune interprétation erronée dans la cause.
Ibrahima Khalil MENDY
Sg Syntips et président du
Mouvement des permanents Cnts
