A 34 ans, le gardien emblématique des Lions de la Teranga annonce la fin de son aventure avec le Sénégal. Deux Coupes du monde, deux Can remportées et 59 sélections plus tard, le dernier rempart d’Al-Ahli s’efface avec le sentiment du devoir accompli pour laisser la place à une nouvelle génération.
C’est une page d’or du football sénégalais qui se tourne. La fin d’une époque dorée. Dans un entretien accordé en exclusivité à Rfi, Edouard Mendy a officialisé son départ de la sélection nationale. Huit ans après ses débuts sous le maillot national, le portier de 34 ans fait le choix de la clarté et du recul. «Quand on se pose toutes ces questions-là, qu’on y ajoute des paramètres plus familiaux, on se dit que c’est le moment de dire stop, de se regarder dans le miroir, de se dire qu’on a tout donné et que la mission a été accomplie», confie le héros de la Can 2021, le visage serein malgré l’émotion.
Une réflexion mûrie de longue date, entamée dès le début d’année lors de la Can au Maroc, où le Sénégal a décroché sa deuxième étoile continentale. Même la nomination récente de Patrick Vieira à la tête des Lions n’a pas fait fléchir le gardien. Malgré un long échange au téléphone où le technicien a tenté de le retenir, Mendy a préféré ne pas s’engager dans un projet qu’il ne finirait pas. Un choix «honnête» pour permettre à la nouvelle génération et aux jeunes gardiens de prendre leurs marques au seuil de la «Vision 2030» portée par la Fédération.
L’échec du Mondial 2026 et le souvenir impérissable de 2022
Son histoire avec la Tanière aura été marquée par une exigence de chaque instant, parfois au détriment de son physique. Avec 59 sélections au compteur, un chiffre tronqué par plusieurs blessures -de son doigt cassé en 2019 à un genou touché contre la Norvège au Mondial 2026-, Mendy ne garde aucune amertume. L’élimination précoce en 16e de finale de la Coupe du monde face à la Belgique (3-2) reste une ombre au tableau, un «échec» assumé sans détour au vu du statut de l’équipe. Mais de ses années en sélection, l’ancien joueur de Chelsea retient avant tout la communion avec le Peuple sénégalais et cette nuit magique de février 2022 au Cameroun. Sa séance de tirs aux buts décisive en finale de la Can restera gravée comme «le meilleur souvenir de vie de footballeur en sélection».
Un nouveau chapitre : Al-Ahli et l’engagement social
De nouveau nommé cette année pour le Trophée Yachine récompensant le meilleur gardien du monde, Edouard Mendy continue de performer au plus haut niveau sous les couleurs d’Al-Ahli, avec qui il vient de prolonger son contrat de deux saisons. Mais libéré des obligations internationales, il entend désormais consacrer une part majeure de son temps libre à son pays natal.
Parrain de l’école Yakar dont il finance l’agrandissement pour accueillir 200 enfants et créer un complexe multisport, le champion investit également dans la jeunesse locale via son programme ChangeKeepers, qui apporte bourses et accompagnement humain aux jeunes entrepreneurs de Dakar. «Quand je vois la jeunesse de mon pays, j’ai envie de rendre ce qu’on m’a donné», explique-t-il avec conviction.
En quittant les cages de l’Equipe nationale, Edouard Mendy range ses gants internationaux avec la fierté d’avoir inscrit son nom dans l’histoire et d’avoir suscité des vocations chez des milliers de jeunes Sénégalais.
