La désénégalisation, entendons la perte, l’effacement ou la dégradation des valeurs culturelles, sociales et éthiques fondamentales qui définissent l’identité sénégalaise.
Pour mieux comprendre, rappelons que la société sénégalaise est historiquement bâtie sur des piliers comme la pudeur (kersa), la dignité, la solidarité et le respect d’autrui. Pour beaucoup d’analystes et de citoyens, voir ces valeurs s’effriter au profit de l’individualisme ou de la violence verbale, notamment sur les réseaux sociaux, s’apparente à une perte d’humanité. Au fait, l’assimilation sans filtre de cultures extérieures est parfois perçue comme un déracinement qui fragilise le tissu social et aliène l’individu, le transformant en un être sans ancrage historique et spirituel. Le déclin de la Teranga : valeur cardinale de l’accueil et de l’ouverture à l’autre, la détérioration de la Teranga face aux tensions socio-économiques est souvent vécue comme une crise existentielle et humaine collective. La désénégalisation : entendons une rupture socioculturelle, un glissement par lequel un individu ou une communauté s’éloigne des piliers de la «sénégalité» tels que la Teranga (l’hospitalité), le Kersa (la pudeur) ou le Sutura (la discrétion) au profit de modes de vie, de pensées et de comportements calqués sur des modèles occidentaux ou inconnus. Or, la déshumanisation, elle, est le processus psychologique, social ou politique par lequel un individu ou un groupe nie, réduit ou retire tout ou partie de l’humanité, de la dignité ou de la sensibilité d’autres êtres humains. En substance, il existe plusieurs formes et manifestations de cette déshumanisation, parmi lesquelles on peut citer :
– L’animalisation, c’est-à-dire assimiler des personnes ou des groupes à des animaux, des nuisibles ou du bétail pour justifier la violence ou le mépris.
– La mécanisation (ou objectification), c’est-à-dire traiter un être humain comme un simple objet, un outil, un robot ou un numéro au service d’un système, en niant ses émotions.
– La biologisation, c’est-à-dire assimiler l’autre à une menace biologique, un virus ou un agent pathogène.
Des chercheurs comme Herbert C. Kelman et Ervin Staub ont analysé comment ce mécanisme permet à des groupes de contourner leurs barrières morales pour commettre des discriminations ou des violences.
Exemples :
1. L’infrahumanisation, c’est-à-dire attribuer moins d’émotions typiquement humaines ou de besoins fondamentaux à un groupe. N’est pas sénégalais.
2. L’altérisation, c’est-à-dire le processus psychosocial, sociologique et rhétorique par lequel un groupe dominant définit un autre groupe comme fondamentalement différent, étranger, et généralement inférieur. N’est pas sénégalais.
3. La division «Nous contre Eux», c’est-à-dire la création d’une frontière symbolique entre un groupe de référence (perçu comme la norme) et un groupe extérieur renvoyé au statut d’«Autre». N’est pas sénégalais.
4. La dévalorisation, c’est-à-dire l’attribution de caractéristiques négatives, menaçantes ou perçues comme déviantes à «l’Autre». N’est pas sénégalais.
5. L’exclusion symbolique ou concrète, notamment l’utilisation d’un langage, d’une rhétorique ou de politiques qui retirent de l’importance ou de l’empathie envers un groupe. N’est pas sénégalais.
Cette délégitimation brise l’empathie naturelle et permet aux militants de valider ou de tolérer des violences qui seraient jugées inacceptables en temps normal.
Vive le Sénégal !
Vive la République !
Baba Gallé DIALLO
babadediana@gmail.com
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