Dans un communiqué publié hier, le mouvement «Gueum Sa Bopp» dresse un bilan au vitriol de la Gouvernance Pastef. Cherté de la vie, opacité de la dette et reddition des comptes «sélective» : le mouvement d’opposition dénonce une trahison de l’espérance populaire et pose sept exigences de transparence immédiates.
Le ton est d’une rare violence politique. Pour le mouvement Gueum Sa Bopp, le constat est sans appel : le slogan de la «Rupture», qui a porté Bassirou Diomaye Faye à la Présidence, ne serait plus qu’un lointain souvenir, remplacé par ce qu’ils qualifient de «gouvernance du brouillard et du mensonge».
«Un pays au bord de l’asphyxie»
Le texte d’ouverture du communiqué peint le portrait d’un Sénégal en crise profonde. Alors que le pouvoir est accusé de «parader» et de gouverner «hors-sol», le mouvement pointe du doigt les plaies béantes du quotidien des Sénégalais : une cherté de la vie devenue insoutenable, des hôpitaux exsangues et un monde rural laissé à l’abandon. «La rupture promise s’est muée en rupture avec le Peuple», s’insurgent «Les Jambaars», qui dénoncent une déconnexion totale entre les promesses électorales et la réalité des «Goorgoorlou» (citoyens modestes).
«L’opacité financière en ligne de mire»
Le cœur de la charge porte sur la gestion des deniers publics. Gueum Sa Bopp accuse le régime de dissimuler la réalité de la dette publique, contractée, selon eux, dans des conditions «léonines». Le mouvement s’inquiète de la dégradation de la crédibilité du Sénégal auprès des partenaires internationaux et exige la publication immédiate du bulletin statistique de la dette.
Plus grave encore, le communiqué fustige une justice «tétanisée» dès que les intérêts du pouvoir sont en jeu, rendant la reddition des comptes «sélective» et vidée de sa substance.
Les «7 exigences» : un test de vérité pour le duo Diomaye-Sonko
Pour sortir de ce qu’il appelle l’imposture, Gueum Sa Bopp soumet au gouvernement, une liste de sept exigences non négociables. Parmi elles, la transparence patrimoniale : le mouvement exige la publication immédiate et vérifiable des déclarations de patrimoine des figures-clés du régime, notamment celles de Ousmane Sonko (qualifié de «chef réel de l’Exécutif»), du ministre des Finances, ainsi que des directeurs généraux de Petrosen, du Port autonome de Dakar. Le mouvement demande la suppression pure et simple des caisses noires et fonds politiques, qu’il considère comme les «matrices du clientélisme». En outre, le communiqué relève une contradiction flagrante sur les chiffres de la campagne arachidière, opposant les déclarations de Ousmane Sonko (450 000 tonnes) à la réalité du terrain et aux démentis concernant les achats de la Sonacos.
L’épreuve de la redevabilité
En visant spécifiquement des secteurs stratégiques comme les ressources extractives (via le rapport de l’Itie) ou le dossier des «huit milliards de Bakel», Gueum Sa Bopp place le Pôle judiciaire financier face à ses responsabilités.
«Le Sénégal n’a pas besoin d’un pouvoir arrogant, mais d’un Etat responsable», conclut le communiqué. En ce début d’année 2026, l’opposition semble décidée à ne plus laisser de répit au camp présidentiel, transformant chaque promesse de campagne non tenue en un levier de pression politique.
