Alors que l’examen du Projet de loi de finances rectificative (Plfr) 2026 s’annonçait sous haute tension à l’Assemblée nationale, le gouvernement a obtenu in extremis le renvoi du texte en commission. S’appuyant sur l’article 84 du Règlement intérieur, le ministre de l’Economie et des finances, Cheikh Diba, a sollicité des discussions complémentaires avec les députés afin d’apaiser les esprits et d’explorer les voies d’un compromis après le rejet initial du projet par la Commission des finances.

Par Dieynaba KANE – Le projet de Loi de finances rectificative n’a finalement pas été examiné hier en plénière. Le ministre de l’Economie et des finances a sollicité le renvoi dudit texte en commission pour approfondir les discussions avec les députés. Cheikh Diba a formulé cette demande avant l’ouverture de la discussion générale, en se basant sur l’article 84 du Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Il faut rappeler que ce renvoi du texte intervient dans un contexte de tensions autour de l’examen du Plfr 2026, qui a été rejeté par la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Avec ce nouveau renvoi en commission, le gouvernement sollicite des discussions complémentaires avec les parlementaires.

S’inscrivant dans la démarche de dialogue formulée par le Pm lors de sa conférence de presse dimanche dernier sur ce sujet, M. Diba veut arrondir les angles. «Le gouvernement sollicite ce renvoi en Commission des finances et du contrôle budgétaire pour des discussions complémentaires dans les plus brefs délais», a-t-il déclaré.

​Pour formuler sa demande, Cheikh Diba s’est ainsi appuyé sur l’article 84 de la loi n°2025-11 du 18 août 2025 portant Règlement intérieur de l’Assemblée nationale. Cette disposition prévoit notamment la possibilité de demander le renvoi d’un texte devant la commission saisie au fond, au cours de la discussion générale et jusqu’à sa clôture. Le ministre a rappelé que le renvoi à la commission saisie au fond est de droit lorsque le représentant du président de la République le demande. «Le respect des règles ne saurait être à géométrie variable. Il constitue une exigence permanente qui s’impose à tous les acteurs

institutionnels», a fait savoir Cheikh Diba.

​Lors de sa prise de parole, le ministre a également rappelé les échanges intervenus ce lundi 26 octobre, à la suite de l’appel au dialogue lancé par le Premier ministre. Il a ainsi noté la disponibilité exprimée par le président de la Commission des finances et du contrôle budgétaire dans une lettre adressée au gouvernement, ainsi que la réponse positive du ministère des Finances. Ces échanges portent notamment sur les préoccupations soulevées dans un mémorandum transmis au gouvernement. Pour Cheikh Diba, ce retour en commission doit permettre d’examiner ces points et en même temps essayer de trouver des compromis. «Le renvoi en Commission des finances peut offrir cet espace de travail supplémentaire afin que les questions soulevées soient examinées avec toute l’attention nécessaire et que les possibilités de compromis soient explorées de manière sérieuse», a-t-il souligné. Le ministre Cheikh Diba a en outre rappelé que la Lfr engage la capacité de l’Etat à poursuivre ses politiques publiques, à honorer ses engagements et à assurer la soutenabilité de ses finances.

A la suite de la demande formulée par le gouvernement, la séance a été levée et le président de l’Assemblée nationale a convoqué une réunion afin de fixer la date des travaux en commission et de la plénière.

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