Malgré des avancées importantes enregistrées ces dernières années, le secteur de l’assainissement au Sénégal reste confronté à un déficit de financement et à des défis structurels. Une étude sur la maturité de son économie met en évidence les acquis, mais aussi les réformes nécessaires pour accélérer sa transformation.
Par Abdou Latif Mohamed MANSARAY – Le Sénégal a franchi des étapes importantes dans la structuration de son économie de l’assainissement. Mais le chemin vers un secteur pleinement mature reste encore long. C’est l’un des principaux enseignements de l’évaluation présentée lors d’un atelier consacré à la maturité de l’économie de l’assainissement au Sénégal.
Pour Dr Ousmane Seck, président fondateur du think tank Peace, le pays dispose déjà d’une base relativement solide, construite au fil de près de quatorze années d’investissements publics. Réalisée avec l’appui d’Athena Infonomics et de la Shf/Unops, avec le soutien de la Fondation Gates, l’étude montre toutefois que le financement demeure le maillon faible de cet écosystème.
L’enjeu, selon lui, est désormais de passer à une nouvelle génération de réformes. Il s’agit notamment de consolider les entreprises du secteur, de mobiliser davantage de capitaux et de faire des investissements publics un levier capable d’attirer les financements privés. La résilience climatique et l’équilibre entre taxes, tarifs et transferts constituent également des leviers déterminants.
Les résultats de l’évaluation traduisent cette situation contrastée. La maturité globale du marché est évaluée à 2, 98 sur 5, tandis que la préparation aux investissements se situe à 2, 9 sur 5. Si le cadre politique obtient une note de 4, 10, les performances restent plus faibles dans les domaines de la demande (2, 61), des affaires (2, 60) et du financement (2, 54). Ces écarts révèlent les difficultés à transformer les orientations politiques en opportunités économiques et en investissements durables. Les besoins sont pourtant considérables : 125 millions de dollars par an seraient nécessaires, avec des besoins susceptibles de dépasser 1, 3 milliard de dollars par an à l’horizon 2050. Représentant le directeur de l’Assainissement, Abdoulaye Senghor a, pour sa part, insisté sur la nécessité de mieux encadrer l’intervention du secteur privé et d’harmoniser les stratégies et réformes. Il a également regretté la faible implication de la Direction de l’assainissement dans le processus de consultation, de validation et de suivi de l’étude.
Le privé en attente d’un environnement favorable
Du côté des professionnels, Momodou Ndiour, Secrétaire général de l’Association des acteurs de l’assainissement, estime que le Sénégal dispose d’une expérience et d’une organisation qui peuvent en faire un laboratoire pour la sous-région.
latifmansaray@lequotidien.sn
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