Monsieur le Premier ministre doit faire, très prochainement, sa Déclaration de politique générale -Dpg-, exercice traditionnel dans notre pays mais n’a ni sens ni signification. En effet, au Sénégal, la politique gouvernementale est définie par le président de la République, et le Premier ministre n’est que le premier des ministres, mais dans le contexte actuel, je ne pourrais manquer de demander à Monsieur le Premier ministre d’éclairer la lanterne des Sénégalais sur la «dette cachée». D’où vient cette déclaration de son prédécesseur Ousmane Sonko chargé de l’accueillir aujourd’hui à l’Assemblée nationale en sa qualité de président.
Ousmane Sonko est-il l’auteur de cette accusation ou en est-il le simple annonciateur ?
Si ce n’est pas lui, c’est qui l’auteur ? Vous Monsieur le Premier ministre, ancien Directeur national de la Banque centrale, la Banque centrale qui reçoit tous les prêts du Sénégal en devises qu’elle convertit en Cfa avant de les transférer à notre Trésor public ? N’oublions pas que vous avez aussi été Secrétaire général de la Primature, donc plus proche collaborateur de Ousmane Sonko. Si j’insiste sur cette question, c’est parce que c’est cette nébuleuse de «dette cachée» qui est, en grande partie, responsable de la crise et du conflit avec nos partenaires. Vous conviendrez que celui ou ceux qui est ou qui sont responsables de cette situation mérite (ent) d’être connu(s) des Sénégalais. Il ne doit(vent) plus parler au nom du Sénégal dont les populations souffrent et ne savent plus où donner de la tête.
Monsieur le Premier ministre, au nom de l’honneur, de la dignité et du devoir de vérité, éclairez-nous. C’est un exercice de transparence et de crédibilité.
Quant à Son Excellence Monsieur le président de la République, je lui réitère ma demande plusieurs fois formulée et qui consiste à sortir des prisons nos compatriotes Tabaski et Dane Sarr. Mon propos n’est pas de les blanchir, la Justice le fera le cas échéant, je plaide leur cause pour des raisons humanitaires.
Aussi, je vous demande encore une fois, Excellence, de faire appel à d’autres Sénégalais qui ont l’expérience, l’expertise et le réseau relationnel pouvant vous aider à sortir le pays de sa situation actuelle.
Appelez les hommes politiques, les Sénégalais sans couleurs, Amadou Diagna Ndiaye, Pape Ablaye Seck, membres de cinq académies agricoles à travers le monde, Amadou Kane, ancien ministre des Finances, Arfang Daffé, ancien de la Cncas, qui maîtrise les financements agricoles, Karim Wade, Youssou Ndour… la liste est longue. Ils pourront, aux côtés de vos excellents collaborateurs tels que Cheikh Niang, Me Moussa Sarr, Cheikh Diba, vous assister efficacement. Le pays en a besoin et vous serez le premier bénéficiaire de cette ouverture, car ce sera à vous de présenter un bilan aux Sénégalais.
C’est en citoyen libre, indépendant, avec la ferme décision de ne plus entrer dans un gouvernement, que je vous parle. Les Sénégalais sont fatigués. Vous n’avez pas le droit de ne pas appeler à un Consensus national. Ce n’est pas pour vous un droit, mais un devoir. Non ! Plus qu’un devoir, c’est une obligation. L’Histoire retiendra…
C’est mon humble avis.
Ministre Serigne Mbacké NDIAYE
