Le Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a apporté des précisions sur son recours déposé devant la haute juridiction concernant l’organisation des prochaines élections territoriales. En s’appuyant sur la procédure d’urgence du référé-liberté, la coalition d’opposition dénonce le non-respect délibéré du calendrier électoral par le gouvernement et demande au juge d’intervenir sous 48 heures pour préserver le droit de vote et la sincérité du scrutin.

Le bras de fer juridique et politique autour de l’organisation des élections territoriales s’intensifie. Dans un communiqué rendu public ce jeudi 27 août 2026, la Conférence des leaders du Front pour la défense de la démocratie et de la République (Fdr) a tenu à apporter des clarifications sur sa saisine de la Cour suprême, se démarquant notamment de la démarche parallèle entreprise par le mouvement Ñoo Lank. Le Fdr indique avoir articulé son action sur l’article 85 de la loi organique n°2017-09 relative à la Cour suprême du Sénégal. Ce mécanisme de référé permet au juge d’ordonner en urgence, sous un délai de 48 heures, toutes les mesures nécessaires lorsqu’une liberté fondamentale subit une atteinte grave et manifestement illégale de la part d’une autorité publique.

Un calendrier électoral bafoué selon l’opposition

Pour les responsables du Fdr, il ne fait aucun doute que le droit de vote, la sincérité du scrutin et le respect du calendrier électoral constituent des libertés fondamentales et des garanties constitutionnelles interconnectées. Or, l’opposition estime que l’Etat accumule les manquements aux dispositions du Code électoral. Le Fdr rappelle plusieurs échéances légales qu’il juge remises en cause par l’Exécutif : le 17 janvier 2027 constitue la date limite fixée par les articles L.236 et L.269 pour la tenue des élections territoriales. Le 20 août 2026 : date butoir (articles L.247 et L.282) pour la prise de l’arrêté ministériel déterminant le montant des cautions après consultation des acteurs politiques. Le 1er février 2026 : date légale de démarrage des révisions ordinaires des listes électorales (articles L.37 et R.28) ou de fixation de la révision exceptionnelle en cas de scrutin général prévu dans l’année. Le Fdr demande le respect des prérogatives des partis politiques légalement constitués sur la vérification et le suivi du fichier électoral, conformément à l’article L.49.

En refusant de respecter ces prescriptions réglementaires, le gouvernement porterait, selon le rassemblement d’opposition, une atteinte illégale au processus démocratique. «Tout porte à croire qu’il veut cacher les dates des prochaines élections territoriales, comme il l’avait fait en 2024 pour les élections législatives», dénonce la Conférence des leaders. Le Fdr exige que l’ensemble des citoyens et des acteurs politiques soient traités sur un pied d’égalité et puissent connaître les échéances dans les délais prescrits.

Fort de ces arguments et s’appuyant sur la jurisprudence de la haute juridiction en matière électorale, le Fdr attend désormais une réaction rapide du juge des référés pour contraindre l’Etat au respect strict des textes en vigueur.