«Rôles et responsabilités des femmes rurales dans la sécurité alimentaire pour un développement durable» et puis «Genre et One Health : rôle des femmes dans le dispositif épidémiologique». Ce sont les thèmes que les femmes rurales du département de Vélingara ont traités à l’occasion de la célébration, mardi passé, de la Journée internationale qui leur est dédiée. Une occasion saisie par les femmes du Fouladou pour pointer du doigt les contraintes qui les empêchent de jouer pleinement leurs rôles dans la sécurisation de l’alimentation des Sénégalais.
Par Abdoulaye KAMARA (Correspondant) – Le Service départemental du développement communautaire de Vélingara (Sud du pays) a organisé, mardi passé, la Journée internationale de la femme rurale. Mme Bintou Sidibé Bâ, cheffe de ce service, a eu la collaboration d’Agronomes et vétérinaires sans frontières (Avsf) qui a libéré les moyens financiers qui ont pu mobiliser quelque 200 femmes de tous les coins du territoire départemental.
Elles ont écouté 2 communications majeures sur les thèmes «Rôles et responsabilités des femmes rurales dans la sécurité alimentaire pour un développement durable» et puis «Genre et One Health : rôle des femmes dans le dispositif épidémiologique». Il s’agissait, selon Mme Bâ, «de mettre en lumière le rôle essentiel des femmes vivant en milieu rural dans le développement économique, social et environnemental. Mais aussi de voir les interactions avec la santé animale et la surveillance épidémiologique pour la résilience des ménages».
Les rurales du département de Vélingara, à en croire l’Inspecteur départemental des travaux agricoles, Jean-Jacques Dione, «sont plus visibles dans les champs que les hommes, selon des résultats d’une enquête officielle». Il ajoute : «En 2024 et 2025, le champ le plus enviable du département a appartenu à une femme. Cette année, c’est le champ d’un homme qui a pris la 1ère place, mais la 2e place est occupée par une femme. C’est dire toute la place qu’occupe la femme rurale de Vélingara dans la sécurité alimentaire des ménages.» Pourtant, les champs qu’elles exploitent ne leur appartiennent pas généralement. Selon le technicien des travaux agricoles, «5% seulement des agricultrices ont des terres qui leur sont propres».
Il est dès lors clair que les femmes du Fouladou, malgré leur dynamisme dans les secteurs de l’agriculture et de l’élevage, font face à des défis liés à leur accès à la terre. Pas que ça. Mme l’adjointe du Préfet, Mme Ndèye Sall, qui a présidé la rencontre, s’adressant à ses pairs, a ajouté : «Nous mesurons pleinement les contraintes et lourdeurs qui pèsent encore sur votre quotidien. L’accès au foncier, le financement et le crédit adaptés, la pénibilité du travail agricole, l’accès à l’eau potable, aux pistes de désenclavement restent des défis majeurs.»
Des contraintes au féminin confirmées par toutes les femmes qui sont intervenues dans cette tribune. Elles ont confessé : «L’accès aux équipements agricoles adaptés, l’accès à l’information relative aux opportunités disponibles dans le secteur, les lourdes charges domestiques qui ne donnent pas assez de temps pour travailler dans les champs ainsi que le défaut de matériel de transformation sont des contraintes majeures.»
Cette rencontre a permis de sensibiliser l’autorité administrative, les maires et les chefs de service technique qui ont fait le déplacement en les invitant à promouvoir des politiques en faveur de leur autonomisation : en leur donnant plus de terres dans les terroirs, en facilitant l’accès à l’équipement agricole et au crédit, et en désenclavant les zones d’agriculture pour l’évacuation des productions vers les marchés…
Pour le concept One Health, il est recommandé de renforcer la réactivité des femmes éleveurs face aux crises sanitaires en s’appuyant sur des expertises pratiques, notamment dans le domaine de la détection des zoonoses.
akamara@lequotidien.sn
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