La Journée mondiale du patrimoine audiovisuel a été célébrée le mardi 27 octobre. A cette occasion, le promoteur culturel Babacar Thiam a organisé une exposition d’affiches de films sénégalais au Centre bibliothécaire de la commune de Yenne. Au total, 27 affiches sont présentées aux visiteurs, témoignant de la richesse du patrimoine cinématographique sénégalais.
Par Amadou MBODJI – A l’occasion de la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel, célébrée le 27 octobre, le promoteur culturel Babacar Thiam expose 27 affiches de films sénégalais au Centre bibliothécaire de Yenne. Une initiative qui met en lumière la valeur historique et artistique de ces supports visuels, témoins d’une époque du cinéma africain. A travers cet évènement, le promoteur culturel Babacar Thiam entend contribuer à la sauvegarde et à la valorisation du patrimoine cinématographique national et africain.
Parmi les œuvres représentées, figurent «Bois d’ébène» de Moussa Touré, «On a le temps pour nous» de Katy Léna Ndiaye, «La Kora, accords et désaccords» de Papa Madièye Mbaye, «Un air de kora» de Angèle Diabang, «Momsarew» de Alassane Diagne, «Ordur» de Momar Talla Kandji, «Dakar Trottoirs» de Hubert Laba Ndao, «La Promesse» de Fatou Touré, ainsi que «A travers les barrières» de Ndiaga Fall, «Keneen» de Cheikh Diallo, «Hoj ê ke kel dia» de Mamadou Diop et «Main-tenant… virtuellement familial» de Mamadou Ndiaye.
Le choix de présenter 27 affiches n’est pas fortuit. Il fait écho à la date du 27 octobre, consacrée à la Journée mondiale du patrimoine audiovisuel. Au-delà de cette coïncidence symbolique, l’exposition traduit la volonté de son initiateur de préserver des traces matérielles de l’histoire du cinéma, à une époque où de nombreux supports visuels risquent de disparaître.
Un rêve d’enfance devenu une mission
Pour Babacar Thiam, cette exposition est l’aboutissement d’une passion ancienne, née à Foundiougne, où il collectionnait déjà divers objets et supports visuels. «Quand j’étais gamin, je collectionnais les plaques Nestlé, Maggi, Nescafé, les piles Hellesens, les timbres et les cartes postales que les touristes de rencontre m’envoyaient. Au virage du bac, le studio photo-musique Niominka Bi de Ousmane Songo captivait le regard de tous les passants. L’image me parlait déjà. Aujourd’hui, je collectionne les affiches de films. Même combat : garder la mémoire visuelle de l’Afrique avant qu’elle ne s’efface», explique-t-il. A travers cette démarche, le promoteur culturel entend prolonger une passion d’enfance tout en lui donnant une portée patrimoniale. «Ce n’est pas une expo. C’est ma mission. Je ne sauve pas des affiches. Je poursuis la collection que j’ai commencée à Foundiougne», affirme-t-il.
Le lancement de l’exposition, le 27 octobre, revêt ainsi une signification particulière pour son initiateur, qui souhaite inscrire cette initiative dans une dynamique de préservation de la mémoire du patrimoine cinématographique africain.
Les affiches, témoins de l’histoire du cinéma
Présent lors de cette initiative pour animer une communication autour de l’importance de l’affiche de film, le journaliste et critique de cinéma Baba Diop a rappelé l’importance des affiches dans la promotion des films et leur appropriation par le public. Avant la généralisation des outils numériques, ces supports constituaient un moyen privilégié de faire connaître les œuvres, d’attirer les spectateurs et de leur donner un premier aperçu des histoires racontées à l’écran.
Baba Diop a également évoqué le travail du chanteur Abdoulaye Thiossane, auquel il attribue la réalisation de plus d’un millier d’affiches de films. Une contribution qui témoigne de la place occupée par les arts graphiques dans la diffusion et la valorisation du cinéma sénégalais. L’influence de la culture «hindou» sur les Sénégalais s’est notamment manifestée à travers les films diffusés dans les salles de cinéma, au point que certains ont fini par adopter des expressions, voire la langue «hindou». Cette influence se retrouve également dans les médias, à travers des émissions diffusées dans cette langue. Baba Diop en a donné un exemple en évoquant la figure légendaire de Amadou Badiane, l’un des ambassadeurs les plus en vue de la culture «hindou» au Sénégal.
En exposant ces affiches à Yenne, Babacar Thiam rappelle ainsi que le patrimoine cinématographique ne se limite pas aux films eux-mêmes. Il comprend également les images, les affiches et les autres traces matérielles qui accompagnent leur création, leur promotion et leur réception par le public. Cette initiative invite enfin à porter un regard renouvelé sur ces documents, qui sont à la fois des objets de collection, des œuvres visuelles et des fragments de mémoire collective. Autant de raisons de les préserver et de les transmettre aux générations futures.
Il exprime sa profonde gratitude au ministère de la Culture, de l’artisanat et du tourisme, à Massamba Mbengue, maire de la commune de Yenne, ainsi qu’à Germain Coly, directeur de la Cinématographie et de l’audiovisuel, à Alain Gomis, président du Centre Yennenga, et aux cinéastes Mansour Sora Wade et Adam Sie, pour leur contribution à la réussite de cet événement à Yenne. Il faut noter la présence de Rass Nganmo, producteur, compositeur camerounais et sound designer. Fort de son expertise en la matière, ce dernier a analysé le film Lamb de Paulin Soumanou Vieyra, cinéaste, critique et historien du cinéma africain. Le public a eu droit à la diffusion de ce court métrage durant l’exposition.
ambodji@lequotidien.sn
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