Au Sénégal, le bras de fer politique autour du Projet de loi de finances rectificative (Plfr) 2026 franchit une étape décisive. Alors que le texte retourne devant la Commission des finances ce vendredi après un renvoi très médiatisé, le Fonds monétaire international (Fmi) exprime sa vigilance quant au respect des engagements budgétaires du pays.
La tension est palpable au sommet de l’Etat. Au Sénégal, la majorité parlementaire et l’Exécutif sont à couteaux tirés autour du Projet de loi de finances rectificative (Plfr) 2026. Ousmane Sonko, président de l’Assemblée nationale, avait menacé de faire bloquer son adoption, tout en posant ses conditions. Une fermeté qui s’est concrétisée dans les instances de l’institution, où le texte a essuyé un premier rejet en commission.
Face à cette impasse institutionnelle, le gouvernement a tenté d’amorcer une désescalade. Mardi, lors de la séance plénière, l’Exécutif a sollicité le renvoi de l’examen du Plfr en commission afin de donner davantage de chances au dialogue. C’est dans ce contexte d’apaisement diplomatique que la Commission des finances et du contrôle budgétaire se réunit ce vendredi pour examiner à nouveau la Lfr, à la suite de cette polémique publique.
Les exigences de transparence de la majorité parlementaire
Au cœur du différend, figurent de profondes divergences sur l’orientation financière du pays. Le Groupe parlementaire Pastef avait en effet justifié son opposition au Plfr-2026 par des désaccords sur certains arbitrages budgétaires, les modalités de financement retenues et l’insuffisance des garanties fournies à l’Assemblée nationale. Il avait également regretté que les préoccupations de la majorité parlementaire et les demandes de la commission n’aient pas reçu toute l’attention institutionnelle attendue.
Marquant sa volonté de faire respecter les prérogatives du Pouvoir législatif, le groupe s’était voulu catégorique : «l’Assemblée nationale n’est pas une chambre d’enregistrement. Elle vote la loi et doit disposer de toutes les informations nécessaires à l’exercice de ses responsabilités», avait déclaré le groupe parlementaire.
Le Fmi garde un œil attentif sur Dakar
Cette incertitude politique et budgétaire ne laisse pas indifférents les partenaires financiers internationaux. Le Fonds monétaire international (Fmi), qui a conclu avec le Sénégal un accord au niveau des services portant sur un programme de 2, 2 milliards de dollars, dit suivre avec beaucoup d’intérêt cette situation. Lors d’un point de presse tenu ce jeudi, la directrice du Département de la communication du Fmi, Julie Kozack, a rappelé la position de l’institution financière : «nous suivons de près les discussions à l’Assemblée nationale sur la loi de finances rectificative de 2026 et le projet de loi de finances pour 2027», a-t-elle déclaré.
Tout en concédant qu’il n’est pas inhabituel que des discussions budgétaires de cette nature «donnent lieu à un dialogue et à des échanges approfondis au niveau national», Julie Kozack a tenu à recadrer les enjeux clés. Elle a toutefois insisté sur un point : «Un budget conforme aux paramètres convenus dans le cadre de l’accord au niveau des services et aligné sur les objectifs de cet accord, qui sont, bien entendu, ceux du Sénégal, est essentiel.» Une façon claire de dire qu’un éventuel accord reste annexé à cette Lfr et à la prochaine Lfi.
Parmi ces objectifs prioritaires, figurent le rétablissement de la viabilité budgétaire, la protection des ménages vulnérables et la préservation des dépenses publiques stratégiques. L’institution de Washington prévient ainsi à demi-mot que la suite de son soutien financier dépendra de l’issue de ces arbitrages : «un budget qui préserve ces objectifs sera essentiel pour permettre au Sénégal de poursuivre son programme avec le Fmi», a souligné Julie Kozack.
Le retour du texte devant les commissaires, ce vendredi, s’annonce donc crucial pour l’avenir politique et financier de la Nation.
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